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2006.01.23

シラク大統領 核兵器使用について言及

  シラク大統領は、1月19日、ブルターニュの西部ブレストのロング島にある戦略海洋軍基地で演説を行い、核抑止力を重視していること、また特定国がフランスの基本的利害を冒すことがあれば、限定的核攻撃を行う可能性があることをはじめて述べた。

  さらに抑止核の使用は「領土保全、国民の保護、主権の自由」に加えて「戦略的備蓄の保障と同盟国の防衛」も含まれるので、欧州連合全体の共通防衛にも構想にいれると語った。

  この発言をドイツはトップニュースとして伝え、ベルリンではすべての政党が、シラク大統領のこの威嚇とは一線を画す態度を取った。英国、スペインの一部の新聞も非難している。フランス国内では緑の党と共産党は反発しているが、社会党のファビウス元首相は「基本的には合意する」と述べている。

  フランスは電力発電の8割近くを原子力発電でまかなっているのだが核兵器の使用についての言及はさけてきた。96年に核実験の中止を決定したのもシラク大統領であった。

核の抑止力の信頼性、安全性維持のため、95年9月から96年1月まで仏領ポリネシアにおいて6回の核実験を実施した。これにより、仏の核兵器の信頼性、安全性が確認されたため、シラク政権は96年1月に核実験の終了を宣言するとともに、2月には地上核兵器全廃、徴兵制廃止をはじめとする新国防政策を発表した。 フランス事情・日仏関係 平成8年11月7日 外務省

  だが一方で使用しない核ミサイルの保持費用として国防予算のうち三十億ユーロを毎年計上しており、潜水艦には核弾頭が搭載されていた。大統領はこの核弾頭の数を削減したことも明らかにし、柔軟、効率的に危機に対処する姿勢も示している。

  大統領の演説
  

Depuis 1964, la France dispose d'une dissuasion nucléaire autonome. Ce sont les enseignements de l'Histoire qui avaient conduit le général de Gaulle à faire ce choix crucial. Pendant toutes ces années, les forces nucléaires françaises ont assuré la défense de notre pays et contribué à préserver la paix. Elles continuent aujourd'hui à veiller, en silence, pour que nous puissions vivre dans un pays de liberté, maître de son avenir. Elles continueront demain d'être le garant ultime de notre sécurité.全文はここから Le Monde。

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Dissuasion nucléaire : M. Chirac sévèrement critiqué en Allemagne
LE MONDE | 20.01.06 |

Interprété comme une menace contre les "Etats terroristes", le discours de Jacques Chirac sur la dissuasion nucléaire a provoqué, jeudi 19 janvier, des réactions très négatives en Allemagne, suscité des commentaires critiques de la presse britannique et espagnole, sans provoquer de réactions officielles des gouvernements européens. En France, il a été approuvé par le Parti socialiste, et critiqué par les Verts et le Parti communiste. A l'Elysée, on ne se montre pas surpris de ces "réactions très à chaud". "Le temps viendra d'une analyse plus approfondie des propos du chef de l'Etat, qui remettra les choses en perspective", commente un conseiller présidentiel.

En Allemagne, pays très sensible à la question nucléaire, la classe politique et la presse oscillent entre le scepticisme et la désapprobation, y compris dans le camp conservateur, où beaucoup font un rapprochement avec l'épreuve de force actuelle entre la communauté internationale et l'Iran. "Je ne pense pas que la menace d'une attaque soit l'instrument le plus approprié pour mettre la pression sur l'Iran", a commenté le député Andreas Schockenhoff, un des experts en politique étrangère de l'Union chrétienne-démocrate (CDU), le parti de la chancelière Angela Merkel.

L'autre partenaire de la coalition au pouvoir, le Parti social-démocrate (SPD), a rejeté la position française par la voix du vice-président de son groupe parlementaire, Walter Kolbow. "Par conviction, le SPD rejette le recours au nucléaire ou à toute autre arme de destruction massive", a-t-il commenté, en reconnaissant qu'un Etat visé par une attaque terroriste se devait de réagir. Un responsable SPD pour la politique étrangère, Gert Weisskirchen, a regretté que M. Chirac n'ait pas consulté ses partenaires européens avant de s'exprimer.

"DÉFAITE DE LA DIPLOMATIE"

Dans l'opposition parlementaire, les réactions sont encore plus critiques. Pour les Verts, les idées du président français sont "aventuristes et irresponsables". Jürgen Trittin, ancien ministre de l'environnement, estime que "le président Chirac fait fausse route de manière dangereuse, lorsqu'il veut mener la lutte contre le terrorisme international avec la dissuasion nucléaire". Le chef du Parti libéral (FDP), Guido Westerwelle, a appelé la chancelière à "inciter M. Chirac à la retenue".

La presse allemande, vendredi 20 janvier, est globalement critique. Il "ne peut pas sérieusement croire qu'en lorgnant sur le bâton nucléaire, il puisse cacher la défaite de la diplomatie", estime Handelsblatt. Seuls les deux quotidiens du groupe Springer ont pris position en faveur de M. Chirac. Il "place la France à la pointe des nations européennes, assure une protection nucléaire à ses alliés, y compris l'Allemagne, et (...) reconstruit l'entente stratégique avec les Etats-Unis", estime le conservateur Die Welt. Selon le quotidien le plus lu d'Allemagne, Bild, "il serait politiquement mal avisé de ne pas montrer nos armes les plus redoutables à ceux qui préparent la terreur et l'anéantissement".

A Londres, les réactions de la presse sont limitées, à l'exception notable du Financial Times, pour qui le président Chirac s'est livré à "une menace nucléaire". Le quotidien estime qu'il est de plus en plus difficile pour des pays comme la France et la Grande-Bretagne de justifier leur arsenal nucléaire, et cite des experts pour qui la réaffirmation de la doctrine française rend plus difficile la critique du programme nucléaire de l'Iran. En Espagne, le quotidien El Pais voit dans le discours de M. Chirac "une révision radicale et dangereuse de la doctrine nucléaire française", et estime qu'il "fait le jeu de l'administration Bush, qui cherche davantage de flexibilité pour envisager, c'est-à-dire banaliser, l'usage de l'arme nucléaire".

En France, seuls les partis de gauche ont réagi. L'ancien premier ministre socialiste, Laurent Fabius, estime que M. Chirac "a raison d'insister sur la menace grave que constitue le terrorisme" et souligne qu'il "n'y a rien sur quoi (il ne soit) pas d'accord". Jack Lang demande un débat national, et l'ancien ministre de la défense, Jean-Pierre Chevènement, approuve la volonté de Jacques Chirac d'adapter la dissuasion française "à l'apparition de nouvelles menaces". Les Verts se disent "consternés", et des parlementaires communistes accusent le chef de l'Etat de "relancer la course aux armements".
Laurent Zecchini avec Cécile Chambraud (à Madrid) et Antoine Jacob (à Berlin)
Article paru dans l'édition du 21.01.06


Jacques Chirac défend la pertinence de la dissuasion nuclaire
LE MONDE | 19.01.06

Le discours sur la dissuasion nucléaire, que Jacques Chirac prononce, jeudi 19 janvier, à l'île Longue (Finistère), où siège l'état-major de la Force océanique stratégique (FOST), répond au souci d'en réaffirmer la pertinence dans le monde de l'après-guerre froide, tout en tenant compte des évolutions stratégiques des dernières années. Alors que la menace traditionnelle que représentait l'ex-URSS a officiellement disparu, la justification de la dissuasion nucléaire et de l'effort budgétaire qui en découle – 3 milliards d'euros par an –, est, pour certains, moins évidente, dans la société civile comme au sein des armées.

Dans son discours, M. Chirac devait expliquer que si la France ne doit pas baisser la "garde" nucléaire, c'est parce que la menace que pourraient représenter certaines puissances traditionnelles n'a pas disparu, et qu'elle s'accompagne, aujourd'hui, du risque de prolifération, notamment nucléaire, émanant de "puissances régionales".

La dernière fois que le chef de l'Etat et chef des armées s'est exprimé sur ce thème remonte au 8 juin 2001, lors d'un discours à l'Institut des hautes études de défense nationale, devenu depuis une référence obligée : en France, la dissuasion est un sujet presque tabou, et peu nombreux sont les responsables politiques qui s'écartent de la doctrine fixée par le président de la République. La rareté de ses interventions illustre, à elle seule, la difficulté de l'exercice présidentiel : prendre la parole, c'est avoir des choses nouvelles à dire, au risque de paraître infléchir une doctrine dont la force suppose la pérennité. Les conseillers de Jacques Chirac hésitent donc entre la volonté de souligner l'importance de l'initiative présidentielle et le souci de démentir toute remise en question des fondements de la dissuasion.

Si Jacques Chirac a choisi, pour l'essentiel, d'expliciter certains concepts, son propos comporte quelques avancées par rapport au discours de 2001, qui feront l'objet d'interprétations de la part des experts et des chancelleries. Deux d'entre elles sont significatives. La première a trait à la définition des "intérêts vitaux" de la France, notamment élargie à "la garantie de nos approvisionnements stratégiques et la défense de pays alliés".

Les uns et les autres ne sont pas cités, puisque le flou des définitions est consubstantiel à la dissuasion (l'adversaire doit toujours être laissé dans le doute), mais la référence aux "approvisionnements stratégiques" vise, en particulier, les ressources pétrolières, sans doute aussi des pays d'où la France importe une part de ses besoins énergétiques. Si, par hypothèse, de tels intérêts étaient menacés par des puissances régionales (Iran, Corée du Nord ?), la France réagirait. La notion de "pays allié" se substitue, en l'étendant, à celle de "territoire européen" qui figurait dans le discours de 2001. Là encore, le flou est de rigueur, d'autant que l'"émergence rapide de nouveaux pôles de puissance" interdit de figer les alliances.

La seconde avancée est liée à la flexibilité et à la réactivité des forces stratégiques, et à la manière de protéger les intérêts vitaux. Jacques Chirac confirme que, contrairement au concept qui prévalait pendant la guerre froide, selon lequel l'arme atomique faisait planer la menace d'une destruction de villes entières, voire de la quasi-vitrification d'un pays, les cibles potentielles de l'arme nucléaire sont "les centres de pouvoir".

Comment les atteindre ? Le chef de l'Etat rend public, pour la première fois, le fait que les forces nucléaires ont été "configurées en conséquence", par une réduction du nombre de têtes nucléaires sur certains des missiles des sous-marins nucléaires lanceurs d'engins (SNLE). Ceux-ci sont aujourd'hui équipés de 16 missiles, dotés chacun de 6 têtes nucléaires, soit 96 têtes par sous-marin. Certains missiles comportent donc de 1 à 6 têtes, lesquelles sont sans doute dotées d'une charge inférieure à 150 kilotonnes. Plus précis et moins dévastateurs, ces missiles deviennent-ils pour autant des armes tactiques et, de facto, d'"emploi", une notion risquant d'affaiblir la notion même de dissuasion ? Certains experts vont l'affirmer. Les exégètes de la pensée présidentielle assurent qu'il n'en est rien. "Nous rendons plus crédible la menace que nous faisons peser sur des puissances régionales qui n'auraient pas compris le message de la dissuasion", souligne l'un d'eux. Il s'agit donc toujours de la notion d'"ultime avertissement". Il n'est toujours pas question, d'autre part, de renoncer à la composante aéroportée de la dissuasion, comme le prônent certains experts, pour réduire la facture budgétaire.

Dans son discours, M. Chirac évoque rapidement un autre débat controversé, celui d'une défense européenne qui monte en puissance, mais sans jamais aborder la question des forces de dissuasion française et britannique. Nous devrons, "le moment venu", aborder cette question, estime M. Chirac. Des préoccupations plus politiques ne sont pas absentes de l'initiative présidentielle : l'échéance de 2007 se rapproche, et le prochain président de la République ne sera sans doute pas, pour la première fois, imprégné de la période gaulliste si intimement liée à la "force de frappe". Jacques Chirac ne peut être sûr que son successeur conservera en l'état l'outil de défense. En réaffirmant l'importance de la dissuasion nucléaire, sans doute espère-t-il la sanctuariser, pour éviter que l'on veuille l'affaiblir.

Laurent Zecchini

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